Portrait #57 : Raphaële

Raphaële

Raphaële propose des cours de self défense féminine avec Amazon Training. C’est tranquillement posées dans son cabinet du 14ème arrondissement que nous avons échangé sur le féminisme, Wonderwoman, les arts martiaux et bien d’autres choses encore. Raphaële a illuminé ma journée, j’espère que ce sera pareil pour vous. Let’s Go Girl !

Quel(s) sport(s) pratiques-tu ? Et à quelle fréquence ?

Pendant longtemps, je m’imposais une certaine fréquence mais maintenant ça dépend vraiment des semaines et de mes envies. Je pratique depuis le mois d’avril le jiu-jitsu brésilien, ainsi que du yoga et du tissu aérien. Ce qui me fait environ 7 heures de sport par semaine sans compter les entraînements Amazon Training que je donne (environ 6 heures par semaine).

Quand as-tu commencé le sport et quelles étaient les raisons à l’époque ?

J’ai toujours fait pas mal de sport, mes parents étant eux-même sportifs, mais je n’ai jamais réussi à exceller dans un sport au collège ou au lycée. La pression était trop grande et je n’aimais pas ce qu’on me demandait de faire. J’ai mis du temps à comprendre quels sports me plaisaient et dans lesquels je voulais m’investir. J’ai fait de la danse classique de 6-7 ans à 14 ans puis j’ai atterri dans le kung fu et la Savate Défense où j’ai rencontré mon formateur. À partir de ce moment-là, je l’ai suivi en défense de rue dans laquelle je me suis investie en tant que prof.
Je n’avais pas spécialement de raison, je me cherchais beaucoup donc j’ai toujours aimé tester plein de sports différents, même si je partais parfois au bout d’un seul cours.

Raphaële

Où pratiques-tu ton sport et quel est ton spot favori ?

Je pratique le jiu-jitsu dans la salle où je donne moi-même des cours : dans l’Hôtel Dieu sur l’île de la Cité à Paris et le tissu aérien à Montreuil au sein d’une association (Newen). Je n’ai pas vraiment de spot favori, j’aime changer et découvrir. Ça me permet de sortir de ma zone de confort et de me connaître chaque fois un peu mieux.

Qu’est-ce que t’apporte le sport au quotidien ?

Le tissu aérien m’aide surtout à me recentrer. C’est mon moment à moi, un moment pour mon corps où j’essaie de l’écouter encore plus qu’avant, un moment pour me faire du bien et me mettre en joie.

Le jiu-jitsu m’apprends à apprendre et à développer ma patience.

Le sport a-t-il changé la vision que tu avais de toi et ta vision du sport en elle-même ?

Avec les 4/20 en endurance que j’ai eu tout au long de ma scolarité, ma vision du sport a forcément bien changé. J’ai compris que mon moteur principal était la joie et l’envie alors que la comparaison et la notation me faisaient tellement de mal que je perdais toutes mes capacités.

Quand j’ai commencé le tissu aérien je n’arrivais pas à évoluer parce que je n’écoutais pas mon corps et ma fatigue.

« La reprise du tissu était mon challenge, je me suis vraiment rendue compte que j’avais besoin de me faire du bien et d’être en pleine conscience de mon corps. »

Quels ont été ton meilleur et ton pire moment sportif ?

Mon meilleur moment sportif est – à ce jour – le moment où j’ai repris le tissu après l’avoir arrêté. j’étais déçue de moi-même. Je me mettais tellement la pression et me comparais tellement aux autres que je me suis auto-déçue et une fois de plus n’arrivais plus à progresser. Je stagnais. Un jour, j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai recommencé : ce fut un grand moment.

Mon pire moment correspond au Mudday : je revenais de vacances et j’étais sous antibiotiques depuis une semaine. Nous étions une équipe de quatre. Je n’arrivais tellement pas à suivre que j’ai fini la course en marchant, trottinant avec mon copain en laissant les deux autres partir devant. Le plus dur a été d’accepter que je n’avais pas le même niveau qu’eux et qu’il me fallait ralentir sous peine d’exploser.

Raphaële Amazing TrainingQuel est ton prochain objectif ?

Des figures de tissu aérien ? Des compétitions de jiu-jitsu ? Me lancer dans un autre sport inconnu ? Peu importe tant que j’essaie de dépasser mes peurs pour me connaître davantage.

En tant que femme a-t-il été plus ou moins difficile de commencer (et d’exercer) une activité physique par rapport à tes barrières, la société, le regard des autres ?

Non, je n’ai jamais souffert de ma féminité pour commencer un sport ou même exercer le self-défense. C’est mon propre regard sur moi-même qui m’effraie le plus. Je suis tellement intransigeante avec moi que les autres sont presque doux.

Quel message pourrais-tu livrer aux femmes et aux jeunes filles ayant envie de faire du sport mais n’osant pas ou aux femmes qui se persuadent que le sport n’est pas fait pour elles ?

Je dirais la même chose qu’à mes élèves : il n’est jamais trop tard pour essayer.
Vous avez envie d’essayer : faites-le. Nous sommes là pour détruire les croyances erronées qu’on a forgé au fil des années, retrouver notre âme d’enfant, cette joie de la découverte qui nous permet d’oublier les obstacles.
Quant à la féminité pour moi « La femme n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux » comme dirait Simone de Beauvoir. Être femme n’est pas un fardeau, c’est une force, prenons-la !

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